

On ne va certainement pas cracher sur No Man’s Sky
Commençons par évacuer le malentendu : chez Gameocracy, on aime No Man’s Sky.
Vraiment.
Certains d’entre nous, dont l’auteur de ces lignes, y jouent depuis les débuts. On l’a vu évoluer, trébucher, se relever, grossir, changer de visage et accumuler les mises à jour jusqu’à devenir un jeu qui n’a plus grand-chose à voir avec celui lancé en 2016.
Et il faut reconnaître à Hello Games quelque chose d’assez rare : ils n’ont pas lâché leur jeu.
Dix ans après sa sortie, le studio continue encore à publier des mises à jour importantes. En septembre 2026, Cosmos a même ajouté la possibilité de posséder et aménager des stations spatiales ainsi qu’un système d’alliances entre joueurs. Sur le papier, c’est précisément le genre de dimension communautaire dont No Man’s Sky avait longtemps manqué.
Alors non, le problème n’est certainement pas que Hello Games ne travaille pas.
Le problème, c’est qu’après toutes ces années, il existe encore un domaine dans lequel notre confiance n’est pas aussi solide que dans les autres : le multijoueur.
Jouer ensemble… quand le jeu est d’accord
Sur le papier, No Man’s Sky permet depuis longtemps de voyager, construire et accomplir des missions avec ses amis.
Dans la pratique, notre expérience a souvent été beaucoup moins idyllique.
Des joueurs d’un même groupe qui ne voient plus exactement la même chose. Des positions ou des événements qui se désynchronisent. Un passage par l’Anomalie qui peut finir par séparer le groupe ou donner l’impression que chacun joue soudain dans sa propre version de l’univers.
Ce ne sont d’ailleurs pas uniquement des impressions sorties de nos soirées de jeu. Les notes de mises à jour officielles de Hello Games ont régulièrement mentionné au fil des années des corrections de désynchronisations, de joueurs incapables de se voir dans une même session, de problèmes de matchmaking ou encore d’incidents liés à l’Anomalie.
Le jeu s’est énormément amélioré. Le multijoueur aussi.
Mais pour nous, il n’a jamais totalement perdu cette sensation étrange : No Man’s Sky est un formidable jeu dans lequel on peut jouer avec d’autres, plutôt qu’un formidable jeu véritablement construit autour du fait de jouer ensemble.
Et la nuance devient sacrément importante lorsqu’on regarde ce qui arrive derrière.
Light No Fire nous fait rêver. C’est justement le problème.
Parce que Light No Fire, sur le papier, coche à peu près toutes les cases capables de nous faire perdre quelques centaines d’heures de vie sociale.
Hello Games parle d’un monde fantasy procédural de la taille de la Terre. Exploration. Survie. Construction. Des montagnes à gravir, des océans à traverser, des créatures à chevaucher et même des dragons à utiliser pour parcourir cet immense monde.
Mais surtout : ensemble.
La présentation officielle évoque explicitement la possibilité de rencontrer d’autres joueurs, de construire une vie ensemble et de créer des bâtiments et des communautés persistantes.
Autrement dit, Light No Fire promet précisément ce que beaucoup d’entre nous rêvent de trouver dans un grand jeu de survie : un monde suffisamment vaste pour avoir l’impression de partir réellement à l’aventure, mais suffisamment collectif pour que les histoires qu’on y construit aient du sens à plusieurs.
Et franchement ?
On est dingues d’impatience.
Ce jeu pourrait être absolument incroyable. Peut-être même, pour certains d’entre nous, une forme de jeu ultime : l’immensité et la génération procédurale apprises avec No Man’s Sky, transposées dans un immense univers fantasy pensé pour être exploré et habité ensemble.
Seulement voilà : si la promesse centrale repose autant sur le collectif, notre historique avec le multijoueur de No Man’s Sky nous empêche de signer un chèque en blanc.
On veut voir comment ça marche.
Le silence n’est pas forcément rassurant
Light No Fire a été annoncé en décembre 2023.
Et en octobre 2026, sa fiche officielle indique toujours une date de sortie « TBC » — à confirmer — et ne précise même pas encore les plateformes.
Ce n’est pas forcément inquiétant.
Un jeu de cette ambition peut demander énormément de temps, et s’il faut attendre davantage pour que Hello Games livre réellement le monde qu’il nous a vendu, alors qu’ils prennent ce temps.
Sincèrement.
Après l’histoire de No Man’s Sky, personne n’a intérêt à pousser Hello Games à annoncer une date trop tôt ou à sortir un jeu avant qu’il soit prêt.
Ce qui commence à devenir frustrant, c’est autre chose : nous avons très peu de matière nouvelle permettant de comprendre ce qu’est devenu Light No Fire.
Pas de véritable nouvelle présentation détaillée du jeu. Pas de fenêtre de sortie, même très large. Pas de roadmap publique. Pas de démonstration récente permettant de voir comment fonctionne concrètement ce gigantesque monde partagé.
Et surtout : très peu d’éléments permettant de répondre à la question qui nous intéresse le plus.
Comment va-t-on réellement y vivre ensemble ?
Hello Games n’a pourtant jamais cessé d’avancer
Ce serait injuste d’interpréter ce silence comme de l’inaction.
Pendant que Light No Fire reste discret, Hello Games continue de faire évoluer No Man’s Sky à une cadence assez hallucinante pour un jeu sorti en 2016.
Et certaines évolutions récentes sont particulièrement intéressantes.
Avec Cosmos, No Man’s Sky permet désormais de créer des alliances, d’y inviter d’autres joueurs et de développer un réseau de stations. C’est probablement l’une des évolutions les plus directement communautaires jamais apportées au jeu.
On peut donc aussi regarder les choses autrement : peut-être que No Man’s Sky sert encore aujourd’hui de gigantesque laboratoire à certaines idées que Hello Games veut pousser beaucoup plus loin demain.
C’est une hypothèse, pas une information officielle sur l’architecture de Light No Fire.
Mais c’est précisément ce genre d’évolution qui entretient notre envie d’y croire.
On ne veut pas Light No Fire demain. On veut savoir pourquoi on l’attend.
Notre position est finalement beaucoup moins négative que le titre de cette chronique pourrait le laisser penser.
On ne demande pas à Hello Games de sortir Light No Fire demain.
On lui demande presque l’inverse.
Prenez votre temps.
S’il faut encore longtemps pour construire le jeu que vous avez en tête, prenez ce temps. No Man’s Sky a suffisamment démontré ce que ce studio était capable d’accomplir lorsqu’il refusait d’abandonner une idée.
Mais il existe une différence entre attendre un jeu et attendre des nouvelles d’un jeu.
Après dix années passées à reconstruire, enrichir et défendre No Man’s Sky, Hello Games a gagné quelque chose de beaucoup plus difficile à obtenir qu’un bon chiffre de ventes : notre confiance.
On aimerait simplement qu’il nous donne, de temps en temps, quelque chose pour continuer à l’entretenir.
Parce qu’au fond, notre problème avec Light No Fire n’est pas qu’on n’y croit plus.
C’est probablement exactement l’inverse.
On a terriblement envie d’y croire. Maintenant, montrez-nous pourquoi.
Question aux lecteurs
Et vous : vous préférez deux ans de silence pour découvrir un jeu lorsqu’il est presque prêt, ou quelques nouvelles régulières quitte à voir un projet encore en plein chantier ?
Sources
Références éditoriales au 4 octobre 2026.
Commentaires
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