Synthèse du dossier
Le texte est adopté. On fait le point sur ce qu’il met en jeu pour nos usages.

Gameocracy · Le dossier permanent
Comprendre la taxe.
Défendre nos usages.
Jeux, séries, logiciels gratuits : ce que la taxe au gigaoctet met sur le dos de nos usages. Le texte, les réactions et nos exemples pour y voir clair.
Édition actualisée le 2 novembre 2026 · repères parlementaires au 1er novembre
Télécharger, jouer, regarder : qui va payer ?
Un jeu, une série, VLC, une mise à jour de sécurité : avec une taxe au gigaoctet, tout commence par la même question. Combien de données ont circulé ? Mais derrière ces fichiers, il y a nos loisirs, nos outils et notre budget.
Faire contribuer les géants du numérique, très bien. Taxer les téléchargements sans protéger ceux qui utilisent leurs services, c’est une autre histoire. Mon problème avec ce projet est là : on annonce une taxe pour les plateformes, mais rien n’empêche d’en faire payer le prix à leurs clients.
Alors on va regarder ça ensemble. Ce que dit le texte, ce que répondent les acteurs du numérique, et surtout ce que ce choix signifie quand tu achètes un jeu ou lances un film. Des exemples, des chiffres, des explications : pas besoin d’un diplôme de fiscalité.
Ce dossier ne confond pas un amendement adopté avec une loi définitivement applicable.

Le point au 1er novembre 2026
Le 30 octobre, l’Assemblée a adopté l’amendement I-1358 au budget 2027 : 11 voix pour, 10 contre et 14 abstentions. Une seule voix d’écart, malgré les avis défavorables de la commission des finances et du gouvernement.
La taxe n’est pas encore une loi en vigueur. Le budget doit poursuivre son parcours. Cela ne veut pas dire que chaque internaute paiera directement une taxe au Go. Mais compter sur les entreprises pour nous en épargner le coût ? Je n’y crois pas : d’une façon ou d’une autre, l’addition revient aux clients.
Les faits et les prises de position · du plus récent au plus ancien
Clique sur une carte pour retrouver l’intervention et ses documents.
Synthèse du dossier
Le texte est adopté. On fait le point sur ce qu’il met en jeu pour nos usages.

Éclairage médiatique
Le journaliste relaie une justification de l’auteur de l’amendement.

Contribution publique documentée
Élodie Aishwarya Remoissenet détaille neuf objections dans une publication capturée.

Réaction publique
Le fondateur de Free critique les élus favorables à la mesure.

Réaction du cloud français
Le fondateur d’OVHcloud explique la chaîne entre contenus, réseaux et abonnés.
Intervention parlementaire
League of Legends, World of Warcraft et Grand Theft Auto VI entrent dans l’argumentation.

Réaction publique
0,77 € pour les données d’un film : un exemple concret qui fait réagir.

Désaccord public
L’association conteste la réponse du député et élargit ses objections aux mises à jour.

Réponse publique
Il invoque le plafonnement et reproche à l’association sa lecture du texte.

Précision de VideoLAN
VLC est gratuit. Ses serveurs et sa distribution, eux, ont un coût.

Réaction publique
L’association derrière VLC alerte sur les effets possibles pour le logiciel libre.

Signalement public documenté
Le journaliste signale le vote et renvoie au texte parlementaire.

Vote de l’amendement
11 pour, 10 contre, 14 abstentions : le vote se joue à une voix près.
Réplique parlementaire
Lhardit conteste les objections et insiste sur la concentration des flux étrangers.
Avis défavorable
David Amiel alerte sur le coût pour les fournisseurs français et demande comment compter les données.
Avis défavorable
Pour le rapporteur, les grandes plateformes feront payer leurs clients publicitaires.
Débat parlementaire
Laurent Lhardit défend son projet et annonce 10 milliards € par an.

Document officiel
Laurent Lhardit et ses cosignataires proposent une taxe sur les producteurs de données numériques.
Antécédent public
Le programme Vivre libres contient une taxation des flux destinée à financer l’infrastructure.
Le texte en français courant
Le projet porte le nom de « Taxe sur les producteurs de données numériques ». Concrètement, il vise les fournisseurs qui envoient du contenu sur nos réseaux. Voilà comment ses quatre articles s’emboîtent.
Le fournisseur de contenu : celui qui envoie les données. Le texte ne met pas directement une nouvelle taxe sur ton forfait internet.
Les fournisseurs d’accès mesurent les volumes et transmettent les chiffres tous les trois mois, sous le contrôle de l’Arcep et du fisc. Le texte exclut la collecte du contenu et de la destination des données.
Le nombre de Go multiplié par 0,055 €. Le texte prévoit ensuite des plafonds calculés sur les ventes de l’entreprise.
Les entreprises installées en France passent par les règles de paiement de l’impôt sur les sociétés. Les autres reçoivent un avis de paiement en €.
Le détail technique doit être fixé par décret. Autrement dit, une partie de la façon de compter et de faire fonctionner la taxe reste à écrire. Ce n’est pas un détail quand on parle de milliards de téléchargements.
D’où sort ce tarif ?
Les auteurs annoncent 200 milliards de Go par an et espèrent récolter 10 milliards €. Fais la multiplication : 200 milliards × 0,055 €, ça donne 11 milliards €. Il faut donc expliquer comment on arrive au montant annoncé une fois les plafonds et les règles appliqués.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de jouer au professeur devant une multiplication. C’est de savoir comment on a choisi le tarif qui va peser sur tout un secteur. Pourquoi 5,5 centimes ? Qui a été consulté ? Quels effets sur les prix ont été étudiés ?
L’Arcep indique un trafic entrant de 56 Tbit/s à fin 2025. C’est un débit, comme la vitesse de ta connexion, pas un total de téléchargements sur l’année. Ce chiffre ne suffit donc pas à retrouver les 200 milliards de Go annoncés. [Arcep]
Le document de quatre pages évoque des spécialistes, sans donner leurs noms ni ces simulations. Pour une mesure de cette ampleur, je trouve normal de demander à voir le travail derrière la promesse.
La question qui nous concerne
Dire « ce sont les entreprises qui paient » ne règle pas la question. Une plateforme a des clients : toi quand tu achètes un jeu, un abonné quand il regarde une série, un annonceur quand il paie une publicité. Le texte n’interdit pas de leur renvoyer le coût.
Et je ne compte pas sur la bonne volonté des grandes plateformes pour protéger notre porte-monnaie. Notre critique part de là : cette dépense finit dans le prix des services et des produits que nous utilisons. Un téléchargement plus cher à distribuer, c’est une raison de plus pour augmenter un tarif.
Même un réseau social gratuit a des clients payants : les annonceurs. Si leur publicité coûte plus cher, cette dépense entre aussi dans le prix de ce qu’ils vendent. C’est précisément l’objection soulevée à l’Assemblée par Philippe Juvin.
Pas besoin d’une ligne « taxe sur tes Go » sur ta facture pour la payer. Une hausse du prix du jeu ou de l’abonnement suffit. Voilà pourquoi la gratuité de Facebook ne répond pas à la question du coût pour le consommateur.
Le mot « plafonné » ne suffit pas
Le texte limite la taxe à 15 % du chiffre d’affaires en France ou 2 % du chiffre d’affaires mondial. Le chiffre d’affaires, c’est le total des ventes. Pas ce qu’il reste à l’entreprise après avoir payé ses salariés, ses serveurs et ses autres dépenses.
Prends une entreprise qui vend pour 10 millions € en France et 100 millions dans le monde. Les deux calculs donnent 1,5 million et 2 millions €. Le « ou » du texte compte : il faut une règle claire pour savoir quel plafond retenir et comment traiter les groupes.
Ces 15 % et 2 % ne sont pas des étiquettes « entreprise française » et « entreprise étrangère ». Ils dépendent des ventes et de l’organisation du groupe. C’est justement ce qu’il faut examiner pour savoir qui sera réellement avantagé.
Et surtout : plafonner ce que verse une entreprise ne plafonne pas le prix qu’elle te facture. Ce plafond protège son montant de taxe, pas ton budget.
À toi de faire le calcul
Entre le prix de ton jeu et le nombre de Go à télécharger. Le simulateur ajoute 0,055 € par Go au prix du jeu et te montre le malus. Simple, et parfois franchement absurde.
Le calcul : tes Go × 0,055 €.
Le téléchargement coûte plus cher que le jeu lui-même : 3,31 € de plus !
| Volume du téléchargement | Calcul | Coût du téléchargement |
|---|---|---|
| 20 Go | 20 × 0,055 | 1,10 € |
| 50 Go | 50 × 0,055 | 2,75 € |
| 100 Go | 100 × 0,055 | 5,50 € |
| 200 Go | 200 × 0,055 | 11,00 € |
| 1 000 Go | 1 000 × 0,055 | 55,00 € |
Installer, mettre à jour, recommencer
Mon ancienne installation d’ARK: Survival Evolved, avec ses cartes et extensions jusqu’à Fjordur, atteignait environ 530 Go. Pour voir ce que représente le tarif proposé, prenons un téléchargement de cette taille : 530 × 0,055 € = 29,15 €.
Et tu ne télécharges pas qu’une fois. Nouveau disque ? Réinstallation. Nouveau PC ? Réinstallation. Mise à jour ? Encore des fichiers. Tu as déjà payé ton jeu, mais les données, elles, circulent à nouveau.
Les jeux gratuits et les démos sont aussi concernés par le problème du coût de distribution. Leur prix à zéro € ne fait pas disparaître les serveurs ni les Go. Mettre une taxe sur ces fichiers, c’est alourdir le coût de te les proposer.
À l’Assemblée, Denis Masséglia a justement ramené le débat aux jeux vidéo. Ses exemples et son intervention sont dans la chronologie.
Et non, baisser les ombres dans les options d’ARK ne réduit pas le téléchargement. Contrairement à une vidéo, on ne choisit pas « le jeu en basse définition » pour récupérer moins de fichiers.
Ça rejoint notre dossier Stop Killing Games et notre chronique sur la possession des jeux : acheter un jeu doit nous permettre d’en profiter. Pas de découvrir une nouvelle addition à chaque obstacle entre lui et nous.
Et les films et séries ?
Pour une série ou un film, le piège est différent. Plus tu montes en qualité, plus tu télécharges de données. Faire payer davantage ces Go pousse le spectateur à devoir choisir : garder une belle image ou préserver son budget.
Prenons Avengers: Endgame et ses 3 h 05. Notre calcul reprend les consommations horaires indiquées pour les réglages de Disney+ sur téléviseur ou appareil connecté au téléviseur : environ 0,7 Go/h en SD, 2 Go/h en HD et 7,7 Go/h en UHD/4K. [Consommation de Disney+]
| Qualité d’image | Go par heure | Volume du film | Coût à 0,055 €/Go |
|---|---|---|---|
| SD | 0,7 Go/h | ≈ 2,16 Go | ≈ 0,12 € |
| HD | 2 Go/h | ≈ 6,17 Go | ≈ 0,34 € |
| UHD / 4K | 7,7 Go/h | ≈ 23,74 Go | ≈ 1,31 € |
Les députés français souhaitent condamner les Français à revenir à l’ère de la basse définition ? La question pique, oui. Mais quand on taxe le volume, réduire la qualité devient une façon de réduire l’addition. Quel drôle de progrès.
Tu t’endors devant ta série. Les épisodes continuent. Les Go aussi. Bonne nuit, le compteur tourne.
Il ne s’agit pas d’une vraie amende. Mais un épisode lancé pendant notre sommeil pourrait à lui seul ajouter une ligne à notre relevé. La boutade interroge le choix d’une taxe qui ne distingue pas l’usage réel du flux effectivement transmis.
Et le budget numérique ?
Prends un forfait mobile à 50 € pour 200 Go. Au tarif de 0,055 €/Go, ces 200 Go représentent 11 € de taxe sur les données envoyées par leurs fournisseurs. 11 €, c’est 22 % du prix du forfait pris comme point de comparaison.
Cette taxe vise les fournisseurs de contenu, pas directement ton forfait. L’addition se joue donc aussi sur les services que tu utilises avec : jeux, vidéo, stockage, abonnements. Le budget, lui, reste le même : le tien.
Et il y a déjà la TVA : dans un prix de 50 € TTC, une TVA à 20 % représente 8,33 €. Une hausse du prix hors taxe fait aussi monter le montant de TVA payé. Par exemple, 11 € ajoutés hors taxe à un service soumis à 20 % de TVA donnent 2,20 € de TVA supplémentaire : au total, 13,20 € de plus à payer. [TVA]
Quand ton budget est serré, une hausse n’a rien d’abstrait. C’est un abonnement qu’on coupe, un jeu qu’on n’achète pas, une offre moins bonne qu’on finit par choisir. Internet n’est pas une réserve d’argent sans fond.
Le numérique, ce n’est pas du superflu
Un jeu, un film, un livre : ce ne sont pas juste des fichiers qui encombrent un réseau. Ce sont des histoires, des découvertes, des moments partagés. Chez Gameocracy, on sait très bien qu’une soirée de jeu peut aussi être une façon de retrouver ses proches.
L’Insee dénombre 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté monétaire. Le chiffre rappelle seulement que les marges de manœuvre budgétaires sont inégales. [Insee]
Les livres numériques ont eux-mêmes leurs règles de prix, fixées par la loi du 26 mai 2011. Ce n’est pas une raison pour oublier leur coût de diffusion et ceux qui le supportent. [Le cadre du livre numérique]
Répondre « il suffira de consommer moins », c’est décider que la culture et les loisirs seront la variable d’ajustement. Je ne trouve pas ça anodin. L’accès à ces œuvres mérite mieux qu’un compteur de Go.
Twitch, YouTube et les petits créateurs
Quand on dit « les plateformes », on imagine les mastodontes. Mais autour d’elles, il y a aussi ceux qui lancent une chaîne, diffusent leur premier live ou essaient de vivre de leurs vidéos.
Leur travail repose sur des fichiers qui circulent. Ajouter un coût à cette diffusion met une pression de plus sur les abonnements, la publicité et la rémunération des créateurs. Les créateurs débutants n’ont pas la même capacité de négociation ni la même audience que les streamers établis.
Une plateforme cherche ce qui rapporte. Si diffuser coûte plus cher, les projets modestes deviennent plus difficiles à rentabiliser. On parle beaucoup des géants à taxer ; j’aimerais qu’on parle aussi de ceux qui essaient de se faire une place.
Ce qu’on veut garder, c’est un internet où tu peux tenter un projet sans devoir déjà être énorme. La diversité ne se résume pas aux comptes qui font les plus gros chiffres.

Le cas VideoLAN
VLC, tu connais probablement. Son développeur, VideoLAN, est une association française à but non lucratif. Elle distribue son logiciel gratuitement. Son alerte est spectaculaire : plus d’un million € par an selon son estimation.
Distribuer gratuitement un logiciel gratuit utilise quand même des transferts de données. Les fichiers doivent passer des serveurs jusqu’à ton ordinateur. Taxer ces flux menace la gratuité et met en immense danger l’open source français.
Les réseaux de diffusion, aussi appelés CDN, sont des serveurs répartis à plusieurs endroits qui gardent des copies des fichiers pour te les envoyer plus vite. Ils font partie de la chaîne qui permet de télécharger le logiciel.
Et les mises à jour de sécurité ? Elles transportent elles aussi des données. Mettre dans le même compteur un correctif indispensable et un épisode lancé par erreur montre les limites de cette façon de taxer.
Le débat ne doit pas s’arrêter à « l’association ne comprend rien » ou « le logiciel libre va forcément disparaître ». Nous attendons la disposition et l’explication qui permettent d’aboutir à une conclusion vérifiable, prestataires compris.
Les Gafam ne sont pas seuls sur internet
Un site marchand, un studio de jeu, une application professionnelle, un stockage cloud, une réunion en visio : tous utilisent des serveurs et échangent des données. Sur Discord aussi : streams, partage d’écran, appels vocaux, connexion en canal vocal et caméras des membres. L’hébergement ne s’arrête pas aux grandes plateformes américaines.
On nous parle de souveraineté numérique, de services français, de studios à soutenir. Très bien. Alors pourquoi ajouter une dépense à l’infrastructure dont ils ont besoin pour travailler et trouver leurs clients ?
David Amiel estime à l’Assemblée que la moitié des 10 milliards annoncés toucherait d’autres fournisseurs, notamment français. Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud, s’est lui aussi saisi du sujet. Leurs interventions sont dans la chronologie.
Au bout de la chaîne, il y a les entreprises qui paient leurs outils et les clients qui paient leurs services. Déplacer la facture d’un acteur à un autre ne la fait pas disparaître.
Le texte vise les fournisseurs de contenus. Mais il ne nomme pas d’exclusion particulière pour les réunions en visio, les streams Discord ou le télétravail. Nous demandons que leur traitement soit écrit clairement : aucune protection de ces usages ne doit reposer sur une simple promesse.
Alourdir le coût des téléchargements, c’est aussi accroître les difficultés financières des développeurs français. Ubisoft, déjà engagé dans une lourde restructuration après plusieurs années difficiles, devrait être soutenu plutôt que pénalisé sur le téléchargement de ses créations. [Résultats Ubisoft]
Pour le travail et les outils collaboratifs, les questions sont concrètes : quel fournisseur serait retenu, qui déclare les flux, où s’applique le plafond, et que permettent les contrats ? Une réponse générale sur les Gafam ne résout pas tous les cas.
Comment compte-t-on tout ça ?
Imagine plusieurs boutiques dans le même immeuble. Voir passer un camion devant l’entrée ne te dit pas à quelle boutique appartient chaque colis. Sur internet, plusieurs sites peuvent eux aussi partager un hébergeur, un réseau et même une adresse IP.
Cloudflare explique que plusieurs sites peuvent partager les mêmes adresses IP. [Cloudflare]
Compter les Go, c’est une chose. Savoir à quelle boîte les rattacher pour appliquer cette taxe, c’en est une autre : plusieurs sites peuvent partager les mêmes adresses, le même hébergeur et des copies de fichiers sur les mêmes serveurs.
Dire « on sait mesurer le trafic » ne répond pas à toutes ces questions. C’est pourtant sur ces réponses que repose la facture.
Et nos données personnelles ?
L’exposé affirme respecter le secret des communications et le RGPD, les règles de protection de nos données personnelles. La question est simple : comment ces engagements seront-ils respectés en pratique ?
Le règlement européen 2015/2120 forme un cadre de référence pour l’internet ouvert. Une taxe qui pousse à traiter différemment certains services pose la question d’une violation de la neutralité du net. Il faut examiner les obligations, les différences de traitement et leurs effets. Notre analyse ne constitue pas un avis juridique définitif. [Référence européenne]
Notre demande est simple : des garanties vérifiables, une collecte minimale, une méthode d’audit et une voie de contestation. Ni la promesse « aucun problème de vie privée » ni l’affirmation « tout le monde sera espionné » ne dispensent de ce travail.
Le progrès, vraiment ?
L’exposé présente la taxe comme une incitation à améliorer la compression et à optimiser les volumes. Les entreprises compressent pourtant déjà leurs fichiers pour limiter leurs coûts et accélérer les téléchargements. Présenter cette pratique comme une découverte révèle une méconnaissance du fonctionnement des transferts de données. Nos législateurs ne devraient pas légiférer sur des sujets auxquels ils ne comprennent strictement rien, sur la base de conseils visiblement tout aussi déconnectés de la technique. Une compression plus forte peut aussi coûter du temps de calcul ou dégrader la qualité : on ne fait pas disparaître les données avec une consigne politique.
Une vidéo dégradée prend moins de place. Ça n’en fait pas une avancée pour celui qui la regarde. Si l’option la moins chère consiste à renoncer à la qualité, on n’a pas rendu le service meilleur : on l’a rendu plus pauvre.
Enfin, l’impact écologique d’un service ne se résume pas à sa taille en Go. Il y a les équipements, l’électricité, leur durée de vie. Une vraie politique écologique mérite mieux que « moins de données, donc forcément mieux ».
Innovation : le grand écart
Le monde investit massivement dans les infrastructures numériques. Regarde les annonces de 2025 : elles donnent une idée de la place que prennent ces outils dans l’économie.
| Périmètre | Montant annoncé | Ce que cela désigne |
|---|---|---|
| Stargate · États-Unis | 500 milliards de dollars | Projet d’investissement en infrastructures sur quatre ans, annoncée en janvier 2025. [Source] |
| France · Sommet IA | 109 milliards € | Investissements annoncés dans les infrastructures en France, rappelés dans le bilan officiel. [Source] |
| Union européenne · InvestAI | 200 milliards € | Initiative de mobilisation d’investissements annoncée en février 2025, incluant un fonds de 20 milliards. [Source] |
Ces enveloppes couvrent des projets et des périodes différents. Pour la Chine, nous ne disposons pas ici d’un montant homogène suffisamment établi pour ajouter une quatrième barre comparable. Mais ses investissements en matière d’IA sont colossaux.
Développer une IA en France pour notre souveraineté demande des infrastructures, des outils et des données qui circulent. Leur ajouter une taxe au Go, c’est renchérir ce développement face à des concurrents qui n’ont pas cette charge française. À force de compliquer et de rendre plus cher ce qu’on prétend encourager, on risque de condamner notre IA souveraine avant qu’elle grandisse et de faire de la France un pays du « tiers-monde numérique ».
Le retard de disponibilité d’une IA d’assistance personnelle, chez Apple ou ailleurs, nous prive aussi de temps pour expérimenter et utiliser ces outils. Apple explique ainsi le report européen de Siri AI en 2026 par les contraintes du DMA. Ces blocages creusent le décalage avec les utilisateurs qui y accèdent ailleurs. [Annonce Apple]
Les réponses qu’on demande
Et bientôt, on rétablit la gabelle et la dîme ? Le trait d’humeur appartient à notre regard éditorial. L’enquête qui l’accompagne s’appliquera à corriger un chiffre, à intégrer une réponse et à reconnaître ce qui n’est pas encore démontré.
Le regard de Gameocracy
VLC, Niel, Klaba et les questions derrière la polémique : notre chronique relie les réactions publiques aux usages de tous les jours.
Lire la chronique →La suite du dossier
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Amendement I-1358 · PDF intégral · Extrait fourni du compte rendu de la première séance · PDF













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