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Des infrastructures de centre de données

Gameocracy · Le dossier permanent

Taxe au gigaoctet :
Internet au compteur ?

Comprendre la taxe.
Défendre nos usages.

Jeux, séries, logiciels gratuits : ce que la taxe au gigaoctet met sur le dos de nos usages. Le texte, les réactions et nos exemples pour y voir clair.

Édition actualisée le 2 novembre 2026 · repères parlementaires au 1er novembre
Illustration de flux reliant plusieurs réseaux
Des réseaux reliés. Des modèles économiques différents.

Télécharger, jouer, regarder : qui va payer ?

Internet au compteur.
Et nous à la caisse.

Un jeu, une série, VLC, une mise à jour de sécurité : avec une taxe au gigaoctet, tout commence par la même question. Combien de données ont circulé ? Mais derrière ces fichiers, il y a nos loisirs, nos outils et notre budget.

Faire contribuer les géants du numérique, très bien. Taxer les téléchargements sans protéger ceux qui utilisent leurs services, c’est une autre histoire. Mon problème avec ce projet est là : on annonce une taxe pour les plateformes, mais rien n’empêche d’en faire payer le prix à leurs clients.

Alors on va regarder ça ensemble. Ce que dit le texte, ce que répondent les acteurs du numérique, et surtout ce que ce choix signifie quand tu achètes un jeu ou lances un film. Des exemples, des chiffres, des explications : pas besoin d’un diplôme de fiscalité.

Ce dossier ne confond pas un amendement adopté avec une loi définitivement applicable.

Illustration des réseaux et des flux de données
Derrière les données : nos jeux, nos films, nos logiciels et nos échanges.

Le point au 1er novembre 2026

Un amendement adopté.
Le débat continue.

Le 30 octobre, l’Assemblée a adopté l’amendement I-1358 au budget 2027 : 11 voix pour, 10 contre et 14 abstentions. Une seule voix d’écart, malgré les avis défavorables de la commission des finances et du gouvernement.

La taxe n’est pas encore une loi en vigueur. Le budget doit poursuivre son parcours. Cela ne veut pas dire que chaque internaute paiera directement une taxe au Go. Mais compter sur les entreprises pour nous en épargner le coût ? Je n’y crois pas : d’une façon ou d’une autre, l’addition revient aux clients.

Revenir sur le vote et les réactions ↓

Le texte
I-1358 · budget 2027
Le vote du 30 octobre
11 pour · 10 contre · 14 abstentions
Le tarif proposé
0,055 € par Go, soit 5,5 centimes
Qui verse la taxe ?
Le fournisseur qui envoie le contenu
La recette annoncée
10 milliards € par an selon les auteurs
Les plafonds du texte
15 % des ventes en France ou 2 % des ventes mondiales
Où en est-on ?
Amendement adopté ; suite du budget à suivre

Les faits et les prises de position · du plus récent au plus ancien

La chronologie du débat.

Clique sur une carte pour retrouver l’intervention et ses documents.

  1. Synthèse du dossier

    Le texte est adopté. On fait le point sur ce qu’il met en jeu pour nos usages.

    1er novembre 2026
  2. Pièce documentaire : Raphaël Grably rapporte l’argument de la gratuité

    Éclairage médiatique

    Le journaliste relaie une justification de l’auteur de l’amendement.

    Relevé du 1er novembre 2026
  3. Pièce documentaire : Une analyse citoyenne examine le rendement et les plafonds

    Contribution publique documentée

    Élodie Aishwarya Remoissenet détaille neuf objections dans une publication capturée.

    Relevé du 1er novembre 2026
  4. Pièce documentaire : Xavier Niel réagit vivement

    Réaction publique

    Le fondateur de Free critique les élus favorables à la mesure.

    31 octobre 2026
  5. Pièce documentaire : Octave Klaba présente une lecture du dispositif

    Réaction du cloud français

    Le fondateur d’OVHcloud explique la chaîne entre contenus, réseaux et abonnés.

    31 octobre 2026
  6. Intervention parlementaire

    League of Legends, World of Warcraft et Grand Theft Auto VI entrent dans l’argumentation.

    30 octobre 2026 · troisième séance
  7. Pièce documentaire : Éric Larchevêque illustre la taxe par un film Netflix

    Réaction publique

    0,77 € pour les données d’un film : un exemple concret qui fait réagir.

    30 octobre 2026
  8. Pièce documentaire : VideoLAN réplique sur les revenus, les marges et les modèles économiques

    Désaccord public

    L’association conteste la réponse du député et élargit ses objections aux mises à jour.

    30 octobre 2026
  9. Pièce documentaire : Lhardit affirme que VideoLAN ne serait pas concernée

    Réponse publique

    Il invoque le plafonnement et reproche à l’association sa lecture du texte.

    30 octobre 2026
  10. Pièce documentaire : L’association rappelle qu’elle fournit le logiciel gratuitement

    Précision de VideoLAN

    VLC est gratuit. Ses serveurs et sa distribution, eux, ont un coût.

    30 octobre 2026
  11. Pièce documentaire : VideoLAN estime le risque à plus de 1 million € par an

    Réaction publique

    L’association derrière VLC alerte sur les effets possibles pour le logiciel libre.

    30 octobre 2026
  12. Pièce documentaire : Marc Rees signale le vote et renvoie à l’amendement

    Signalement public documenté

    Le journaliste signale le vote et renvoie au texte parlementaire.

    30 octobre 2026
  13. Pièce documentaire : Adopté à une voix près : le texte intégral et notre synthèse

    Vote de l’amendement

    11 pour, 10 contre, 14 abstentions : le vote se joue à une voix près.

    30 octobre 2026 · première séance
  14. Réplique parlementaire

    Lhardit conteste les objections et insiste sur la concentration des flux étrangers.

    30 octobre 2026 · première séance
  15. Avis défavorable

    David Amiel alerte sur le coût pour les fournisseurs français et demande comment compter les données.

    30 octobre 2026 · première séance
  16. Avis défavorable

    Pour le rapporteur, les grandes plateformes feront payer leurs clients publicitaires.

    30 octobre 2026 · première séance
  17. Débat parlementaire

    Laurent Lhardit défend son projet et annonce 10 milliards € par an.

    30 octobre 2026 · première séance
  18. Pièce documentaire : Dépôt de l’amendement I-1358

    Document officiel

    Laurent Lhardit et ses cosignataires proposent une taxe sur les producteurs de données numériques.

    9 octobre 2026
  19. Antécédent public

    Le programme Vivre libres contient une taxation des flux destinée à financer l’infrastructure.

    Avant octobre 2026

Le texte en français courant

Quatre articles.
Voici ce qu’ils racontent.

Le projet porte le nom de « Taxe sur les producteurs de données numériques ». Concrètement, il vise les fournisseurs qui envoient du contenu sur nos réseaux. Voilà comment ses quatre articles s’emboîtent.

ZP · Qui paie à l’État ?

Le fournisseur de contenu : celui qui envoie les données. Le texte ne met pas directement une nouvelle taxe sur ton forfait internet.

ZQ · Qui compte les Go ?

Les fournisseurs d’accès mesurent les volumes et transmettent les chiffres tous les trois mois, sous le contrôle de l’Arcep et du fisc. Le texte exclut la collecte du contenu et de la destination des données.

ZR · Combien ?

Le nombre de Go multiplié par 0,055 €. Le texte prévoit ensuite des plafonds calculés sur les ventes de l’entreprise.

ZS · Comment encaisser ?

Les entreprises installées en France passent par les règles de paiement de l’impôt sur les sociétés. Les autres reçoivent un avis de paiement en €.

Le détail technique doit être fixé par décret. Autrement dit, une partie de la façon de compter et de faire fonctionner la taxe reste à écrire. Ce n’est pas un détail quand on parle de milliards de téléchargements.

D’où sort ce tarif ?

Dix milliards de recettes.
Montrez-nous le calcul.

Les auteurs annoncent 200 milliards de Go par an et espèrent récolter 10 milliards €. Fais la multiplication : 200 milliards × 0,055 €, ça donne 11 milliards €. Il faut donc expliquer comment on arrive au montant annoncé une fois les plafonds et les règles appliqués.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de jouer au professeur devant une multiplication. C’est de savoir comment on a choisi le tarif qui va peser sur tout un secteur. Pourquoi 5,5 centimes ? Qui a été consulté ? Quels effets sur les prix ont été étudiés ?

L’Arcep indique un trafic entrant de 56 Tbit/s à fin 2025. C’est un débit, comme la vitesse de ta connexion, pas un total de téléchargements sur l’année. Ce chiffre ne suffit donc pas à retrouver les 200 milliards de Go annoncés. [Arcep]

Les réponses qu’on attend

  • Les données utilisées pour estimer le trafic annuel.
  • Le calcul des recettes après application des plafonds.
  • Les spécialistes consultés et leurs travaux.
  • La part payée par les géants étrangers, les entreprises françaises et leurs clients.
  • Les conséquences étudiées sur les jeux, les logiciels gratuits et les services qui brassent beaucoup de données.

Le document de quatre pages évoque des spécialistes, sans donner leurs noms ni ces simulations. Pour une mesure de cette ampleur, je trouve normal de demander à voir le travail derrière la promesse.

La question qui nous concerne

La plateforme reçoit la taxe.
Le client récupère l’addition.

Dire « ce sont les entreprises qui paient » ne règle pas la question. Une plateforme a des clients : toi quand tu achètes un jeu, un abonné quand il regarde une série, un annonceur quand il paie une publicité. Le texte n’interdit pas de leur renvoyer le coût.

Et je ne compte pas sur la bonne volonté des grandes plateformes pour protéger notre porte-monnaie. Notre critique part de là : cette dépense finit dans le prix des services et des produits que nous utilisons. Un téléchargement plus cher à distribuer, c’est une raison de plus pour augmenter un tarif.

L’ÉtatRéclame la taxe au fournisseur
Le fournisseurRetrouve cette dépense dans ses coûts
Nous, les clientsAucune protection contre une hausse des prix

Même un réseau social gratuit a des clients payants : les annonceurs. Si leur publicité coûte plus cher, cette dépense entre aussi dans le prix de ce qu’ils vendent. C’est précisément l’objection soulevée à l’Assemblée par Philippe Juvin.

Pas besoin d’une ligne « taxe sur tes Go » sur ta facture pour la payer. Une hausse du prix du jeu ou de l’abonnement suffit. Voilà pourquoi la gratuité de Facebook ne répond pas à la question du coût pour le consommateur.

Le mot « plafonné » ne suffit pas

Un plafond n’est pas
une protection du joueur.

Le texte limite la taxe à 15 % du chiffre d’affaires en France ou 2 % du chiffre d’affaires mondial. Le chiffre d’affaires, c’est le total des ventes. Pas ce qu’il reste à l’entreprise après avoir payé ses salariés, ses serveurs et ses autres dépenses.

Prends une entreprise qui vend pour 10 millions € en France et 100 millions dans le monde. Les deux calculs donnent 1,5 million et 2 millions €. Le « ou » du texte compte : il faut une règle claire pour savoir quel plafond retenir et comment traiter les groupes.

Ces 15 % et 2 % ne sont pas des étiquettes « entreprise française » et « entreprise étrangère ». Ils dépendent des ventes et de l’organisation du groupe. C’est justement ce qu’il faut examiner pour savoir qui sera réellement avantagé.

Et surtout : plafonner ce que verse une entreprise ne plafonne pas le prix qu’elle te facture. Ce plafond protège son montant de taxe, pas ton budget.

À toi de faire le calcul

Simulation de répercussion
du téléchargement pour un jeu.

Entre le prix de ton jeu et le nombre de Go à télécharger. Le simulateur ajoute 0,055 € par Go au prix du jeu et te montre le malus. Simple, et parfois franchement absurde.

Le calcul : tes Go × 0,055 €.

Coût du téléchargement29,15 €
Coût total : achat + téléchargement54,99 €
Malus sur le prix de ton jeu+112,8 %

Le téléchargement coûte plus cher que le jeu lui-même : 3,31 € de plus !

Combien pour télécharger ? · calcul à 0,055 €/Go
Volume du téléchargementCalculCoût du téléchargement
20 Go20 × 0,0551,10 €
50 Go50 × 0,0552,75 €
100 Go100 × 0,0555,50 €
200 Go200 × 0,05511,00 €
1 000 Go1 000 × 0,05555,00 €

Installer, mettre à jour, recommencer

ARK: Survival Evolved
Quand télécharger dépasse le prix du jeu.

Mon ancienne installation d’ARK: Survival Evolved, avec ses cartes et extensions jusqu’à Fjordur, atteignait environ 530 Go. Pour voir ce que représente le tarif proposé, prenons un téléchargement de cette taille : 530 × 0,055 € = 29,15 €.

Et tu ne télécharges pas qu’une fois. Nouveau disque ? Réinstallation. Nouveau PC ? Réinstallation. Mise à jour ? Encore des fichiers. Tu as déjà payé ton jeu, mais les données, elles, circulent à nouveau.

Les jeux gratuits et les démos sont aussi concernés par le problème du coût de distribution. Leur prix à zéro € ne fait pas disparaître les serveurs ni les Go. Mettre une taxe sur ces fichiers, c’est alourdir le coût de te les proposer.

À l’Assemblée, Denis Masséglia a justement ramené le débat aux jeux vidéo. Ses exemples et son intervention sont dans la chronologie.

Et non, baisser les ombres dans les options d’ARK ne réduit pas le téléchargement. Contrairement à une vidéo, on ne choisit pas « le jeu en basse définition » pour récupérer moins de fichiers.

Ça rejoint notre dossier Stop Killing Games et notre chronique sur la possession des jeux : acheter un jeu doit nous permettre d’en profiter. Pas de découvrir une nouvelle addition à chaque obstacle entre lui et nous.

Et les films et séries ?

Avengers: Endgame
Le même film. Une addition différente.

Pour une série ou un film, le piège est différent. Plus tu montes en qualité, plus tu télécharges de données. Faire payer davantage ces Go pousse le spectateur à devoir choisir : garder une belle image ou préserver son budget.

Prenons Avengers: Endgame et ses 3 h 05. Notre calcul reprend les consommations horaires indiquées pour les réglages de Disney+ sur téléviseur ou appareil connecté au téléviseur : environ 0,7 Go/h en SD, 2 Go/h en HD et 7,7 Go/h en UHD/4K. [Consommation de Disney+]

Avengers: Endgame · simulation pour 3 h 05 de film
Qualité d’imageGo par heureVolume du filmCoût à 0,055 €/Go
SD0,7 Go/h≈ 2,16 Go≈ 0,12 €
HD2 Go/h≈ 6,17 Go≈ 0,34 €
UHD / 4K7,7 Go/h≈ 23,74 Go≈ 1,31 €

Les députés français souhaitent condamner les Français à revenir à l’ère de la basse définition ? La question pique, oui. Mais quand on taxe le volume, réduire la qualité devient une façon de réduire l’addition. Quel drôle de progrès.

Une amende pour « endormissement abusif en pleine regardation de série » ?

Tu t’endors devant ta série. Les épisodes continuent. Les Go aussi. Bonne nuit, le compteur tourne.

Il ne s’agit pas d’une vraie amende. Mais un épisode lancé pendant notre sommeil pourrait à lui seul ajouter une ligne à notre relevé. La boutade interroge le choix d’une taxe qui ne distingue pas l’usage réel du flux effectivement transmis.

Et le budget numérique ?

200 Go, 50 €.
Les centimes s’accumulent vite.

Prends un forfait mobile à 50 € pour 200 Go. Au tarif de 0,055 €/Go, ces 200 Go représentent 11 € de taxe sur les données envoyées par leurs fournisseurs. 11 €, c’est 22 % du prix du forfait pris comme point de comparaison.

Cette taxe vise les fournisseurs de contenu, pas directement ton forfait. L’addition se joue donc aussi sur les services que tu utilises avec : jeux, vidéo, stockage, abonnements. Le budget, lui, reste le même : le tien.

Et il y a déjà la TVA : dans un prix de 50 € TTC, une TVA à 20 % représente 8,33 €. Une hausse du prix hors taxe fait aussi monter le montant de TVA payé. Par exemple, 11 € ajoutés hors taxe à un service soumis à 20 % de TVA donnent 2,20 € de TVA supplémentaire : au total, 13,20 € de plus à payer. [TVA]

Quand ton budget est serré, une hausse n’a rien d’abstrait. C’est un abonnement qu’on coupe, un jeu qu’on n’achète pas, une offre moins bonne qu’on finit par choisir. Internet n’est pas une réserve d’argent sans fond.

Le numérique, ce n’est pas du superflu

La culture se télécharge aussi.
Et elle compte.

Un jeu, un film, un livre : ce ne sont pas juste des fichiers qui encombrent un réseau. Ce sont des histoires, des découvertes, des moments partagés. Chez Gameocracy, on sait très bien qu’une soirée de jeu peut aussi être une façon de retrouver ses proches.

L’Insee dénombre 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté monétaire. Le chiffre rappelle seulement que les marges de manœuvre budgétaires sont inégales. [Insee]

Les livres numériques ont eux-mêmes leurs règles de prix, fixées par la loi du 26 mai 2011. Ce n’est pas une raison pour oublier leur coût de diffusion et ceux qui le supportent. [Le cadre du livre numérique]

Répondre « il suffira de consommer moins », c’est décider que la culture et les loisirs seront la variable d’ajustement. Je ne trouve pas ça anodin. L’accès à ces œuvres mérite mieux qu’un compteur de Go.

Twitch, YouTube et les petits créateurs

Les gros encaissent.
Et ceux qui débutent ?

Quand on dit « les plateformes », on imagine les mastodontes. Mais autour d’elles, il y a aussi ceux qui lancent une chaîne, diffusent leur premier live ou essaient de vivre de leurs vidéos.

Leur travail repose sur des fichiers qui circulent. Ajouter un coût à cette diffusion met une pression de plus sur les abonnements, la publicité et la rémunération des créateurs. Les créateurs débutants n’ont pas la même capacité de négociation ni la même audience que les streamers établis.

Une plateforme cherche ce qui rapporte. Si diffuser coûte plus cher, les projets modestes deviennent plus difficiles à rentabiliser. On parle beaucoup des géants à taxer ; j’aimerais qu’on parle aussi de ceux qui essaient de se faire une place.

Ce qu’on veut garder, c’est un internet où tu peux tenter un projet sans devoir déjà être énorme. La diversité ne se résume pas aux comptes qui font les plus gros chiffres.

VLC, le lecteur multimédia de VideoLAN
VLC : un logiciel gratuit développé par une association française.

Le cas VideoLAN

Gratuit pour toi.
Pas gratuit à distribuer.

VLC, tu connais probablement. Son développeur, VideoLAN, est une association française à but non lucratif. Elle distribue son logiciel gratuitement. Son alerte est spectaculaire : plus d’un million € par an selon son estimation.

Distribuer gratuitement un logiciel gratuit utilise quand même des transferts de données. Les fichiers doivent passer des serveurs jusqu’à ton ordinateur. Taxer ces flux menace la gratuité et met en immense danger l’open source français.

Les réseaux de diffusion, aussi appelés CDN, sont des serveurs répartis à plusieurs endroits qui gardent des copies des fichiers pour te les envoyer plus vite. Ils font partie de la chaîne qui permet de télécharger le logiciel.

Et les mises à jour de sécurité ? Elles transportent elles aussi des données. Mettre dans le même compteur un correctif indispensable et un épisode lancé par erreur montre les limites de cette façon de taxer.

Le débat ne doit pas s’arrêter à « l’association ne comprend rien » ou « le logiciel libre va forcément disparaître ». Nous attendons la disposition et l’explication qui permettent d’aboutir à une conclusion vérifiable, prestataires compris.

Voir l’échange et les captures dans la chronologie ↓

Les Gafam ne sont pas seuls sur internet

Le numérique français
est aussi dans la boucle.

Un site marchand, un studio de jeu, une application professionnelle, un stockage cloud, une réunion en visio : tous utilisent des serveurs et échangent des données. Sur Discord aussi : streams, partage d’écran, appels vocaux, connexion en canal vocal et caméras des membres. L’hébergement ne s’arrête pas aux grandes plateformes américaines.

On nous parle de souveraineté numérique, de services français, de studios à soutenir. Très bien. Alors pourquoi ajouter une dépense à l’infrastructure dont ils ont besoin pour travailler et trouver leurs clients ?

David Amiel estime à l’Assemblée que la moitié des 10 milliards annoncés toucherait d’autres fournisseurs, notamment français. Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud, s’est lui aussi saisi du sujet. Leurs interventions sont dans la chronologie.

Au bout de la chaîne, il y a les entreprises qui paient leurs outils et les clients qui paient leurs services. Déplacer la facture d’un acteur à un autre ne la fait pas disparaître.

Le texte vise les fournisseurs de contenus. Mais il ne nomme pas d’exclusion particulière pour les réunions en visio, les streams Discord ou le télétravail. Nous demandons que leur traitement soit écrit clairement : aucune protection de ces usages ne doit reposer sur une simple promesse.

Alourdir le coût des téléchargements, c’est aussi accroître les difficultés financières des développeurs français. Ubisoft, déjà engagé dans une lourde restructuration après plusieurs années difficiles, devrait être soutenu plutôt que pénalisé sur le téléchargement de ses créations. [Résultats Ubisoft]

Pour le travail et les outils collaboratifs, les questions sont concrètes : quel fournisseur serait retenu, qui déclare les flux, où s’applique le plafond, et que permettent les contrats ? Une réponse générale sur les Gafam ne résout pas tous les cas.

Comment compte-t-on tout ça ?

Compter les Go, d’accord.
Mais les attribuer à qui ?

Imagine plusieurs boutiques dans le même immeuble. Voir passer un camion devant l’entrée ne te dit pas à quelle boutique appartient chaque colis. Sur internet, plusieurs sites peuvent eux aussi partager un hébergeur, un réseau et même une adresse IP.

Cloudflare explique que plusieurs sites peuvent partager les mêmes adresses IP. [Cloudflare]

Compter les Go, c’est une chose. Savoir à quelle boîte les rattacher pour appliquer cette taxe, c’en est une autre : plusieurs sites peuvent partager les mêmes adresses, le même hébergeur et des copies de fichiers sur les mêmes serveurs.

  • Qui paie quand le site et l’hébergeur sont deux entreprises différentes ?
  • Comment traiter les copies de fichiers stockées près des utilisateurs pour accélérer les téléchargements ?
  • Qui vérifie les chiffres et corrige une erreur ?
  • Comment réclamer l’argent à un fournisseur situé à l’étranger ?

Dire « on sait mesurer le trafic » ne répond pas à toutes ces questions. C’est pourtant sur ces réponses que repose la facture.

Et nos données personnelles ?

Compter n’est pas lire.
Mais il faut des garanties.

L’exposé affirme respecter le secret des communications et le RGPD, les règles de protection de nos données personnelles. La question est simple : comment ces engagements seront-ils respectés en pratique ?

Le règlement européen 2015/2120 forme un cadre de référence pour l’internet ouvert. Une taxe qui pousse à traiter différemment certains services pose la question d’une violation de la neutralité du net. Il faut examiner les obligations, les différences de traitement et leurs effets. Notre analyse ne constitue pas un avis juridique définitif. [Référence européenne]

Notre demande est simple : des garanties vérifiables, une collecte minimale, une méthode d’audit et une voie de contestation. Ni la promesse « aucun problème de vie privée » ni l’affirmation « tout le monde sera espionné » ne dispensent de ce travail.

Le progrès, vraiment ?

Mieux compresser,
ou se contenter de moins ?

L’exposé présente la taxe comme une incitation à améliorer la compression et à optimiser les volumes. Les entreprises compressent pourtant déjà leurs fichiers pour limiter leurs coûts et accélérer les téléchargements. Présenter cette pratique comme une découverte révèle une méconnaissance du fonctionnement des transferts de données. Nos législateurs ne devraient pas légiférer sur des sujets auxquels ils ne comprennent strictement rien, sur la base de conseils visiblement tout aussi déconnectés de la technique. Une compression plus forte peut aussi coûter du temps de calcul ou dégrader la qualité : on ne fait pas disparaître les données avec une consigne politique.

Une vidéo dégradée prend moins de place. Ça n’en fait pas une avancée pour celui qui la regarde. Si l’option la moins chère consiste à renoncer à la qualité, on n’a pas rendu le service meilleur : on l’a rendu plus pauvre.

Enfin, l’impact écologique d’un service ne se résume pas à sa taille en Go. Il y a les équipements, l’électricité, leur durée de vie. Une vraie politique écologique mérite mieux que « moins de données, donc forcément mieux ».

Innovation : le grand écart

On construit les réseaux.
Et on taxe leur utilisation ?

Le monde investit massivement dans les infrastructures numériques. Regarde les annonces de 2025 : elles donnent une idée de la place que prennent ces outils dans l’économie.

Les grands investissements annoncés en 2025
PérimètreMontant annoncéCe que cela désigne
Stargate · États-Unis500 milliards de dollarsProjet d’investissement en infrastructures sur quatre ans, annoncée en janvier 2025. [Source]
France · Sommet IA109 milliards €Investissements annoncés dans les infrastructures en France, rappelés dans le bilan officiel. [Source]
Union européenne · InvestAI200 milliards €Initiative de mobilisation d’investissements annoncée en février 2025, incluant un fonds de 20 milliards. [Source]

Ces enveloppes couvrent des projets et des périodes différents. Pour la Chine, nous ne disposons pas ici d’un montant homogène suffisamment établi pour ajouter une quatrième barre comparable. Mais ses investissements en matière d’IA sont colossaux.

Développer une IA en France pour notre souveraineté demande des infrastructures, des outils et des données qui circulent. Leur ajouter une taxe au Go, c’est renchérir ce développement face à des concurrents qui n’ont pas cette charge française. À force de compliquer et de rendre plus cher ce qu’on prétend encourager, on risque de condamner notre IA souveraine avant qu’elle grandisse et de faire de la France un pays du « tiers-monde numérique ».

Le retard de disponibilité d’une IA d’assistance personnelle, chez Apple ou ailleurs, nous prive aussi de temps pour expérimenter et utiliser ces outils. Apple explique ainsi le report européen de Siri AI en 2026 par les contraintes du DMA. Ces blocages creusent le décalage avec les utilisateurs qui y accèdent ailleurs. [Annonce Apple]

Les réponses qu’on demande

Avant de nous faire payer,
expliquez vos choix.

  • Les prix : qu’est-ce qui protège le client contre une hausse ?
  • Les recettes : où sont les calculs derrière les 10 milliards annoncés ?
  • Les petits acteurs : comment protège-t-on les studios, associations et créateurs ?
  • Le logiciel libre : comment couvre-t-on ses hébergeurs et sa distribution ?
  • Le comptage : qui vérifie, qui corrige et qui paie en cas d’erreur ?
  • La vie privée : quelles données sont gardées et qui y accède ?
  • Les alternatives : pourquoi choisir le volume des données plutôt que ce que gagnent réellement les entreprises ?

Et bientôt, on rétablit la gabelle et la dîme ? Le trait d’humeur appartient à notre regard éditorial. L’enquête qui l’accompagne s’appliquera à corriger un chiffre, à intégrer une réponse et à reconnaître ce qui n’est pas encore démontré.

Le regard de Gameocracy

Internet au compteur :
le numérique français voit rouge.

VLC, Niel, Klaba et les questions derrière la polémique : notre chronique relie les réactions publiques aux usages de tous les jours.

Lire la chronique →

La suite du dossier

Le débat n’est pas terminé.

  1. La suite de l’examen du budget à l’Assemblée.
  2. Le passage au Sénat et les changements apportés au texte.
  3. Les échanges entre les deux chambres.
  4. Le texte finalement retenu et sa promulgation.
  5. Les règles d’application et la date prévue pour les appliquer.

À toi de répondre

Taxer les géants, oui.
Mais pourquoi nos téléchargements ?

Que penses-tu d’une taxe calculée sur les Go ? Pour faire contribuer les grandes plateformes, quel choix te semble plus juste sans alourdir nos jeux, nos abonnements et nos outils ?

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Vérifier les documents

Les sources et les pièces.

Amendement I-1358 · PDF intégral · Extrait fourni du compte rendu de la première séance · PDF

Voir les 13 captures du document parlementaire
Capture 1 du texte de l’amendement
Capture 1 · texte et statut de l’amendement.
Capture 2 du texte de l’amendement
Capture 2 · texte et statut de l’amendement.
Capture 3 du texte de l’amendement
Capture 3 · texte et statut de l’amendement.
Capture 4 du texte de l’amendement
Capture 4 · texte et statut de l’amendement.
Capture 5 du texte de l’amendement
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Capture 6 du texte de l’amendement
Capture 6 · texte et statut de l’amendement.
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Capture 9 · texte et statut de l’amendement.
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Capture 10 · texte et statut de l’amendement.
Capture 11 du texte de l’amendement
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Capture 12 du texte de l’amendement
Capture 12 · texte et statut de l’amendement.
Capture 13 du texte de l’amendement
Capture 13 · texte et statut de l’amendement.
  1. Assemblée nationale — amendement I-1358
  2. Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026
  3. Assemblée nationale — troisième séance du 30 octobre 2026
  4. Programme du Parti socialiste — Vivre libres
  5. X / Twitter — VideoLAN, alerte du 30 octobre
  6. X / Twitter — Laurent Lhardit, réponse à VideoLAN
  7. Arcep — baromètre de l’interconnexion, édition 2026
  8. Arcep — publication du rapport 2026
  9. IANA — ressources de numérotation
  10. Cloudflare — adresses IP du réseau
  11. Règlement européen 2015/2120 — internet ouvert
  12. Loi du 26 mai 2011 — prix du livre numérique
  13. Insee — pouvoir d’achat, inégalités et pauvreté
  14. Élysée — bilan un an après le Sommet IA
  15. Commission européenne — InvestAI
  16. Stargate — annonce du projet
  17. Steam — ARK: Ultimate Survivor Edition, prix et composition du bundle
  18. Impôts — TVA et taxes incluses dans le prix
  19. Ubisoft — résultats 2025–2026
  20. Apple — report de Siri AI dans l’Union européenne
  21. X / Twitter — VideoLAN, réplique à Laurent Lhardit
  22. X / Twitter — Octave Klaba
  23. X / Twitter — Xavier Niel
  24. X / Twitter — Éric Larchevêque
  25. X / Twitter — Raphaël Grably
  26. X / Twitter — Marc Rees (capture)
  27. X / Twitter — Élodie Aishwarya Remoissenet (capture)
  28. X / Twitter — VideoLAN, rappel de la gratuité (capture)

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1er novembre 2026 · Synthèse du dossier

Notre point d’arrêt : un amendement adopté, un dispositif encore à suivre

Au 1er novembre, l’amendement est adopté en première lecture du budget. La suite du parcours parlementaire reste à suivre.

Notre dossier met le texte et les réactions à côté des usages : jouer, télécharger, regarder, travailler. C’est là que cette taxe cesse d’être une discussion abstraite.

Les nouvelles informations importantes seront ajoutées à la chronologie, avec leurs sources.

Sources : Assemblée nationale — amendement I-1358 · Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026

Relevé du 1er novembre 2026 · Éclairage médiatique

Raphaël Grably rapporte l’argument de la gratuité

Raphaël Grably, journaliste spécialisé dans le numérique à BFMTV, rapporte que Laurent Lhardit estime la taxe non répercutable au consommateur puisque Facebook est gratuit.

Le compte rendu de l’Assemblée permet de retrouver cet échange. Le problème posé par le rapporteur portait sur les annonceurs, qui paient bel et bien la plateforme.

Pièce documentaire liée à Raphaël Grably rapporte l’argument de la gratuité
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : X / Twitter — Raphaël Grably

Relevé du 1er novembre 2026 · Contribution publique documentée

Une analyse citoyenne examine le rendement et les plafonds

Élodie Aishwarya Remoissenet examine les 200 milliards de Go annoncés, les 10 milliards de recettes, les plafonds et le coût renvoyé aux clients.

Elle s’intéresse aussi aux réseaux de diffusion, aux fournisseurs étrangers, aux jeux vidéo et à la vidéo. Son interrogation sur la qualité est importante : réduire les données peut aussi vouloir dire dégrader le service.

Pièce documentaire liée à Une analyse citoyenne examine le rendement et les plafonds
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : X / Twitter — Élodie Aishwarya Remoissenet (capture)

31 octobre 2026 · Réaction publique

Xavier Niel réagit vivement

Interrogé par un internaute sur le vote, Xavier Niel, fondateur de Free et président d’Iliad, répond par les cinq mots reproduits ci-dessous.

Cette réaction montre l’intensité du désaccord dans une partie du secteur. Les acteurs économiques ont des intérêts qu’il faut regarder autant que leurs arguments.

Ce sont des ignares incompétents.
Pièce documentaire liée à Xavier Niel réagit vivement
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : X / Twitter — Xavier Niel

31 octobre 2026 · Réaction du cloud français

Octave Klaba présente une lecture du dispositif

Octave Klaba, PDG et fondateur d’OVHcloud, décrit la taxe votée la veille et annonce deux comparaisons et un cas concret. Il présente un schéma reliant fournisseurs, interconnexion, fournisseurs d’accès et abonnés.

L’hébergeur met en lumière une difficulté concrète : le fournisseur d’un contenu et l’entreprise dont le réseau transporte ce contenu peuvent être différents.

Pièce documentaire liée à Octave Klaba présente une lecture du dispositif
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Sources : X / Twitter — Octave Klaba

30 octobre 2026 · troisième séance · Intervention parlementaire

Denis Masséglia ramène le débat au jeu vidéo

Lorsqu’il présente l’amendement 2739 rectifié, Denis Masséglia revient sur le vote du matin.

Il avance 0,30 € pour le visionnage d’un match de League of Legends, 0,55 € pour le téléchargement du jeu, 3,30 € pour un World of Warcraft et 11,55 € pour Grand Theft Auto VI.

Il avertit d’un impact indirect sur les achats de jeux.

Sources : Assemblée nationale — troisième séance du 30 octobre 2026

30 octobre 2026 · Réaction publique

Éric Larchevêque illustre la taxe par un film Netflix

Éric Larchevêque, entrepreneur et cofondateur de Ledger, publie une réaction très critique : 0,77 € pour regarder un film Netflix.

Le calcul : 14 Go multipliés par 0,055 € donnent 0,77 €.

La formule frappe parce qu’elle ramène un grand débat fiscal à un usage quotidien.

Pièce documentaire liée à Éric Larchevêque illustre la taxe par un film Netflix
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : X / Twitter — Éric Larchevêque

30 octobre 2026 · Désaccord public

VideoLAN réplique sur les revenus, les marges et les modèles économiques

VideoLAN reproche au député de confondre les revenus et les bénéfices, et conteste son raisonnement sur la gratuité des réseaux sociaux.

L’association parle aussi des mises à jour de sécurité. Les données servent à corriger des failles et à maintenir nos logiciels : ce ne sont pas seulement des loisirs qu’on décide de consommer ou non.

Pièce documentaire liée à VideoLAN réplique sur les revenus, les marges et les modèles économiques
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : X / Twitter — VideoLAN, réplique à Laurent Lhardit

30 octobre 2026 · Réponse publique

Lhardit affirme que VideoLAN ne serait pas concernée

Laurent Lhardit affirme que la taxe est plafonnée et ne s’appliquerait pas au cas de VideoLAN. Il demande à l’association de lire le texte au lieu de rejoindre les critiques.

Une affirmation sur X n’est pas une exemption supplémentaire ajoutée aux articles proposés.

You're talking nonsense: the tax is capped, and in your case, it wouldn't apply at all.
Traduction : Vous racontez n’importe quoi : la taxe est plafonnée et, dans votre cas, elle ne s’appliquerait pas du tout.
Pièce documentaire liée à Lhardit affirme que VideoLAN ne serait pas concernée
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Sources : X / Twitter — Laurent Lhardit, réponse à VideoLAN

30 octobre 2026 · Précision de VideoLAN

L’association rappelle qu’elle fournit le logiciel gratuitement

VideoLAN rappelle le caractère non lucratif de son activité et le peu d’argent dont elle dispose pour diffuser gratuitement son logiciel.

Une association peut percevoir des ressources et supporter des dépenses sans chercher à distribuer des bénéfices. Les mots « revenu », « chiffre d’affaires » et « profit » ne sont pas interchangeables.

Il ne suffit donc ni de dire « elle est gratuite, elle ne paiera rien », ni de dire « aucune exemption, donc elle paiera forcément un million ».

Pièce documentaire liée à L’association rappelle qu’elle fournit le logiciel gratuitement
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Sources : X / Twitter — VideoLAN, rappel de la gratuité (capture)

30 octobre 2026 · Réaction publique

VideoLAN estime le risque à plus de 1 million € par an

Le 30 octobre, VideoLAN estime que cette taxe lui coûterait plus de 1 million € par an pour le téléchargement GRATUIT de VLC, son logiciel lui aussi GRATUIT. L’association française à but non lucratif critique vivement les élus à l’origine du projet.

Pièce documentaire liée à VideoLAN estime le risque à plus de 1 million € par an
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Sources : X / Twitter — VideoLAN, alerte du 30 octobre

30 octobre 2026 · Signalement public documenté

Marc Rees signale le vote et renvoie à l’amendement

Marc Rees, journaliste spécialisé dans le numérique, signale le vote et renvoie à l’amendement. Il rappelle le tarif de 0,055 € par Go et les 10 milliards € de recettes annoncés par ses auteurs.

Pièce documentaire liée à Marc Rees signale le vote et renvoie à l’amendement
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Sources : X / Twitter — Marc Rees (capture)

30 octobre 2026 · première séance · Vote de l’amendement

Adopté à une voix près : le texte intégral et notre synthèse

35 votants, 11 voix pour, 10 contre, 14 abstentions. L’amendement est adopté à une voix près, malgré les avis défavorables de la commission et du gouvernement.

C’est une étape du budget, pas encore une loi entrée en vigueur. Le dossier permettra de suivre ce que devient le texte.

Le bouton ci-dessous ouvre le document original et son explication en français courant.

Pièce documentaire liée à Adopté à une voix près : le texte intégral et notre synthèse
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Sources : Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026 · Assemblée nationale — amendement I-1358

30 octobre 2026 · première séance · Réplique parlementaire

Gratuité des réseaux sociaux et exemple TF1 : la réponse

Laurent Lhardit répond que Facebook, Instagram et TikTok sont gratuits pour leurs utilisateurs. Il voit donc mal comment la taxe leur serait renvoyée. Mais l’objection de Philippe Juvin portait sur leurs clients payants : les annonceurs.

Le député avance 200 000 à 300 000 € pour TF1. Il affirme également que cinq grandes plateformes concentrent la moitié des données entrantes, et qu’en ajoutant vingt autres étrangères, la part atteint 75 à 80 %.

La gratuité d’un accès ne fait pas disparaître le modèle économique derrière. C’est précisément ce que cet échange met en lumière.

Sources : Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026

30 octobre 2026 · première séance · Avis défavorable

David Amiel alerte sur les fournisseurs français

David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, interroge les moyens nécessaires pour mesurer les données. Il évoque des capteurs et les terminaux individuels dans sa lecture du projet.

Il estime que 5 milliards €, soit la moitié des recettes annoncées, toucheraient d’autres fournisseurs que les grands groupes mondiaux, notamment des entreprises françaises.

Le gouvernement rend un avis défavorable. Le ministre rappelle aussi les outils déjà existants : taxe sur les services numériques et droit de la concurrence.

Sources : Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026

30 octobre 2026 · première séance · Avis défavorable

Philippe Juvin : le risque de répercussion aux annonceurs

Philippe Juvin rend un avis défavorable au nom de la commission des finances. Son objection est simple : les Gafam ont le pouvoir de renvoyer la taxe à leurs clients publicitaires.

Facebook peut rester gratuit pour celui qui scrolle, tout en faisant payer plus cher celui qui achète une publicité. Et cette publicité entre dans les dépenses des produits et services vendus au public.

Sources : Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026

30 octobre 2026 · première séance · Débat parlementaire

Lhardit défend une assiette mesurée en France

Laurent Lhardit défend une taxe sur les fournisseurs de contenus et annonce 10 milliards € de recettes par an. Selon lui, les géants mondialisés en paieraient la majorité.

Il veut rééquilibrer la contribution des entreprises implantées en France et des acteurs numériques qui peuvent localiser leurs bénéfices ailleurs.

Il présente la mesure des données à l’entrée des réseaux comme une base fiable et compatible avec la neutralité du net. Mais compter un volume et identifier l’entreprise qui doit payer sont deux opérations différentes.

Sources : Assemblée nationale — première séance du 30 octobre 2026 · Assemblée nationale — amendement I-1358

9 octobre 2026 · Document officiel

Dépôt de l’amendement I-1358

L’amendement I-1358 est déposé dans le cadre du budget 2027. Il propose quatre nouveaux articles du code général des impôts, de 302 bis ZP à 302 bis ZS.

La recette : compter les Go envoyés, multiplier par 0,055 €, puis appliquer un plafond lié aux ventes de l’entreprise. Les fournisseurs d’accès transmettent les mesures ; un décret doit préciser le fonctionnement technique.

Pièce documentaire liée à Dépôt de l’amendement I-1358
Cliquer pour ouvrir l’original.

Sources : Assemblée nationale — amendement I-1358

Avant octobre 2026 · Antécédent public

Avant l’amendement : une proposition à 0,10 €/Go

Le programme du Parti socialiste proposait déjà de taxer les données distribuées en France à 0,10 € par Go pour financer les infrastructures. L’idée précède donc cet amendement au budget.

La version I-1358 retient 0,055 € par Go et prévoit une taxe versée à l’État. Le programme et le texte budgétaire sont deux étapes différentes.

Sources : Programme du Parti socialiste — Vivre libres · Assemblée nationale — amendement I-1358

Le document original

L’amendement, expliqué simplement

Ouvrir le PDF original de quatre pages · Fiche officielle

La synthèse Gameocracy

ZP
Crée la taxe sur les fournisseurs qui envoient les contenus.
ZQ
Demande aux fournisseurs d’accès de mesurer les données et de transmettre les chiffres.
ZR
Fixe le tarif par Go et les plafonds liés aux ventes de l’entreprise.
ZS
Explique comment réclamer le paiement aux entreprises en France et à l’étranger.

Le texte ci-dessous contient les quatre articles proposés, puis les arguments de leurs auteurs.

Le document fourni, transcrit intégralement

Transcription texte du PDF, y compris signataires et exposé. Le PDF fait foi pour la mise en page ; les coupures de lignes et en-têtes de pages sont conservés.

1/4
APRÈS ART. 15 N° I-1358
ASSEMBLÉE NATIONALE
9 octobre 2026 
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2027 - (N° 3210)
Commission  
Gouvernement  
Adopté
AMENDEMENT
N° I-1358
présenté par
 M. Lhardit,  Mme Mercier, Mme Pirès Beaune, M. Mickaël Bouloux, M. Baumel, M. Oberti, 
Mme Pantel, M. Baptiste, M. Proença, M. Vallaud, Mme Allemand, M. Aviragnet, M. Barusseau, 
Mme Battistel, M. Belhaddad, Mme Bellay, M. Benbrahim, Mme Bregman, M. Califer, 
Mme Capdevielle, M. Christophle, M. Courbon, M. David, M. Delaporte, M. Delautrette, 
Mme Diop, Mme Dombre Coste, M. Dufau, M. Echaniz, M. Eskenazi, M. Faure, Mme Froger, 
M. Fégné, M. Garot, Mme Godard, Mme Hadj-Mimoune, Mme Got, M. Guedj, M. Hablot, 
Mme Hadizadeh, Mme Herouin-Léautey, Mme Céline Hervieu, M. Hollande, M. Houlié, 
Mme Jourdan, Mme Karamanli, Mme Keloua Hachi, M. Leseul, M. Naillet, M. Pena, Mme Pic, 
M. Potier, M. Pribetich, Mme Rossi, Mme Rouaux, M. Aurélien Rousseau, M. Roussel, 
Mme Runel, Mme Récalde, M. Saint-Pasteur, Mme Santiago, M. Saulignac, M. Simion, M. Sother, 
Mme Thiébault-Martinez, Mme Thomin, M. Vicot, M. William et les membres du groupe 
Socialistes et apparentés
----------
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L'ARTICLE 15, insérer l'article suivant:
Le titre II de la première partie du livre premier du code général des impôts est complété par un 
chapitre XXI ainsi rédigé : 
« Chapitre XXI
« Taxe sur les producteurs de données numériques
« Art. 302 bis ZP. – Il est institué une taxe assise sur les flux de données numériques émises par les 
fournisseurs de contenu et acquittée par ces derniers.
« Art. 302 bis ZQ. – Les fournisseurs d’accès à internet et toute entreprise proposant un service 
d’accès à internet aux ménages et entreprises mettent en place, sous la supervision de l’Autorité de 
régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse et de la 
direction générale des finances publiques, une procédure de collecte consolidée et anonymisée des 

APRÈS ART. 15 N° I-1358
2/4
quantités de données transitant vers leurs clients en identifiant l’émetteur de ces données.
« La collecte est effectuée dans des modalités techniques définies par décret. Elle comprend 
l’identité de l’entreprise émettrice, son numéro d’immatriculation auprès de l’Internet Assigned 
Numbers Authority et la quantité de données émises sur la période considérée. Aucun relevé relatif 
au contenu des données ni à leur destination ne peut être exigé. Elle fait l’objet d’une transmission 
trimestrielle à la direction générale des finances publiques.
« Lorsqu’un émetteur de données utilise un réseau de diffusion de contenus visant à mettre en cache 
le contenu à proximité des utilisateurs finaux, la quantité de données émises est considérée égale à 
la somme des flux sortant du réseau de diffusion.
« Art. 302 bis ZR. – L’émetteur est redevable d’une taxe égale au produit de la somme des volumes 
de données produits et relevés par les fournisseurs d’accès à internet exprimés en gigaoctet et 
0,055 euros.
« La taxe sur les producteurs de données numériques fait l’objet d’un plafonnement correspondant 
au maximum à 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France par l’émetteur ou à 2 % de son chiffre 
d’affaires total.
« Art. 302 bis ZS. – Pour les groupes disposant d’une entité établie sur le territoire français cette 
taxe est acquittée selon les mêmes modalités que l’impôt sur les sociétés.
« Pour les groupes ne disposant pas d’une entité établie sur le territoire français, la taxe est acquittée 
en euros au plus tard le 30 mars pour l’année suivant l’année d’émission des données relevées par 
les fournisseur d’accès, sur la base d’un avis d’imposition émis au plus tard le 30 janvier par la 
direction générale des finances publiques. »
EXPOSÉ SOMMAIRE
Cet amendement du Groupe socialistes et apparentés propose d’instaurer une taxe dite sur les 
producteurs de données numériques. Elle vise à rétablir une équité entre la fiscalité appliquée aux 
acteurs de l’économie iimplantée et celle appliquée aux acteurs mondialisés de l’économie digitale 
qui échappent très largement aux mécanismes historiques.
Cette taxe est appuyée sur une assiette non délocalisable : les données internet transitant vers les 
usagers. Elle est acquittée par les producteurs de données, collectée par l’État grâce aux mesures 
effectuées par les fournisseurs d’accès à internet. Elle s’appuie sur des technologies existantes et 
une méthodologie travaillée avec des spécialistes du secteur. La majorité de cette taxe serait 
acquittée par les grands acteurs internationaux de la Tech et du digital, représentant une large part 
des données émises vers les ménages français. Au taux de 0,055 € par giga, un rendement de 
10Md€ est attendu. Ce modèle ne pose pas de problème d’entrave à la vie privée dans la mesure où 
les données ne sont jamais consultées (seule leur quantité est appréciée) et possède en outre une 
vertu écologique puisqu’il amènera naturellement les émetteurs de données à recourir aux 
technologies les plus avancées en matière de compression et d’optimisation des volumes des 
données à transmettre. 

APRÈS ART. 15 N° I-1358
3/4
La relance de l’économie en France passe par un rééquilibrage de la contribution des différents 
acteurs de l’économie à l’effort fiscal national. D’un côté, une économie implantée, faite de 
commerces, d’industries, de vente de biens et de services. Elle occupe des locaux, emploie des 
salariés en France, finance l’utilisation qu’elle fait directement ou indirectement des services 
publics, des routes, des hôpitaux, des écoles, de la sécurité civile, de la police, de notre défense 
nationale… parce que son assiette fiscale est physiquement inscrite à l’intérieur du territoire.
De l’autre une économie déterritorialisée, elle vend aux mêmes clients, utilise les mêmes 
infrastructures, bénéficie des mêmes services publics, mais son assiette fiscale est un bénéfice auto-
déclaré, c’est-à-dire une écriture comptable dont elle décide de la localisation en fonction de ses 
intérêts.
Dans la mesure où cette nouvelle économie digitale se caractérise par sa capacité à opérer au-delà 
des frontières, avec de fortes marges et en commercialisant uniquement des services immatériels 
voire, en apparence, gratuits pour le consommateur, il est très difficile de faire rentrer ces acteurs-là 
dans le champ des impositions traditionnelles, justifiant la création d’une contribution spécifique.
L’idée est d’utiliser comme assiette fiscale un proxy de leur activité qui est la quantité de données 
(les « giga-octets ») envoyées par les acteurs concernés (les GAFAM et consorts) vers les 
consommateurs français.
Le trafic de données expédiées vers les abonnés des fournisseurs d’accès internet (FAI) en France 
est estimé par l’ARCEP à 200 milliards de gigaoctets par an.
Cette contribution concernerait principalement les très gros acteurs du net : Google, Meta, Amazon, 
Netflix et Akamai (acteur du cloud) représentant à eux seuls la moitié du trafic de données mesuré 
par l’ARCEP.
Techniquement, la contribution est collectée grâce à une assiette reconstituée par les FAI 
(Fournisseur d’Accès à Internet). La contribution n’est in fine pas acquittée par les FAI, ces derniers 
participent seulement à la remontée d’informations nécessaire à sa collecte, sur un modèle pouvant 
s’apparenter à celui de Euroclear collectant pour l’État sous supervision de la DGFIP la taxe sur les 
transactions financières (TTF).
La contribution est réellement acquittée par le Fournisseur de Contenu et d’Application (FCA), 
c’est-à-dire l’entreprise ayant expédié la donnée vers l’abonné au FAI.
La rédaction de l’amendement prévoit un traitement spécifique pour l’utilisation des « CDN –
 Content Delivery Network » (réseau de diffusion de contenus) qui permettent aux FCA d’expédier 
de la donnée au consommateur final non pas depuis son serveur mais depuis un serveur plus proche 
de lui dans la chaîne de transmission de l’info puisque logé directement au sein du réseau d’un FAI.
Un taux de 0,055 euro par gigaoctet est prévu par le dispositif. Un plafonnement de la taxe est prévu 
pour tenir compte des secteurs possédant structurellement un ratio de données émises par euro de 
chiffre d’affaires élevé comme la vidéo à la demande ou le jeu vidéo.
La crédibilité juridique et politique du dispositif repose entièrement sur la capacité à mesurer ce 
volume de façon précise, reproductible et auditable. Le défi n’est pas technique : la mesure de flux 

APRÈS ART. 15 N° I-1358
4/4
est un standard industriel utilisé quotidiennement (de nombreux acteurs facturent déjà sur la base de 
quantité de données transitant par une infrastructure donnée). L’enjeu est de l’encadrer 
(gouvernance, audit, confidentialité) pour en faire une base fiscale incontestable.
Les fournisseurs d’accès grand public voient passer l’intégralité du trafic descendant vers leurs 
abonnés. Ils constituent donc le point d’observation le plus complet du trafic réellement livré sur le 
territoire. La mesure s’effectue à des points précis de leur réseau. Il s’agit en France de 4 acteurs 
robustes facilitant le contrôle et donnant des garanties sur leur capacité technique à mettre en place 
les outils nécessaires.
Ce modèle ne soulève pas d’enjeu relatif à la vie privée : les données ne sont jamais consultées. La 
taxe n’implique aucune inspection profonde de paquets de données, aucune donnée personnelle 
d’abonné n’est auditée, et respecte le secret des correspondances comme le RGPD : on compte des 
octets par opérateur, pas des usages individuels. Les transitaires et CDN n’ont pas d’obligation de 
nommer leurs clients. Ils leur refacturent ou non la taxe selon leurs conditions de ventes dans le 
respect du secret des affaires.
Le modèle possède en outre une vertu en termes de politique publique favorable à l’écologie 
puisqu’il amènera naturellement les FCA à recourir aux technologies les plus avancées en matière 
de compression et d’optimisation des volumes des données à transmettre. Pour l’instant ils ne le 
font pas puisque le réseau fonctionne pour eux comme un tuyau sans limite de volume.

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